Rdc-kwango:Détournement à Popokabaka ! Les enseignants privés de salaires et victimes d’intimidation.

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Popokabaka, janvier 2026

Une crise grave secoue la sous-division Popo2/Ipongi, dans le territoire de Popokabaka, province du Kwango. Depuis plusieurs mois, les enseignants de cette contrée vivent une situation dramatique, marquée par des détournements présumés de fonds salariaux et des arrestations arbitraires, plongeant le secteur de l’éducation dans une impasse inquiétante.

Selon des témoignages recueillis sur place, les salaires versés aux enseignants par Caritas, agence chargée de la paie, arrivent systématiquement amputés de plusieurs millions de francs congolais. Pour le mois de septembre 2025, un manque de 14.000.000 FC a été constaté dans l’enveloppe salariale de la sous-division Popo2/Ipongi. Face aux protestations, Caritas aurait restitué 4.000.000 FC, promettant dans une décharge signée de rembourser les 10.000.000 FC restants, chose qui n’a jamais été faite à ce jour.

La situation s’est aggravée en octobre 2025, lorsque dix écoles de la même sous-division, totalisant plus de 200 enseignants, n’ont pas reçu leurs salaires. Aucun justificatif officiel n’a été fourni, et les soupçons de détournement persistent.

« Est-ce l’État congolais qui a supprimé nos écoles, ou est-ce Caritas qui détourne notre argent ? », s’interroge un directeur d’école, visiblement désabusé.

Mais au-delà de la privation salariale, les enseignants sont également victimes d’intimidations et de représailles. À chaque tentative de réclamation à Popokabaka, certains d’entre eux sont arrêtés arbitrairement, accusés à tort d’appartenir aux milices Mobondo, et contraints de verser des amendes allant de 200.000 à 700.000 FC pour retrouver leur liberté.

Face à ce traitement inhumain, les enseignants de Popo2/Ipongi ont décrété une grève illimitée et annoncent une marche pacifique ce vendredi à la cité de Popokabaka, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de mépris et de complicité silencieuse des autorités locales.

Ils lancent un cri de détresse aux autorités provinciales et nationales, particulièrement au ministère de l’Éducation et à celui des Finances, pour rétablir la justice et sauver l’avenir de milliers d’enfants abandonnés dans ce coin de la République.

Cette situation alarmante exige une enquête sérieuse, des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces actes, et une réforme du mécanisme de paie. L’éducation, socle du développement, ne saurait être sacrifiée sur l’autel de la corruption et de l’impunité.

✍️ Fernando Prado N’TENDI / cp

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