Face à la presse mardi 19 à Kinshasa, le Ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Samuel Kamba Mulamba ; le virologue et directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), Dr Jean-Jacques Muyembe Tamfum ; ainsi que le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe et le docteur et directeur général d’Africa CDC, Jean Kasseya en séjour à Kinshasa. Au terme d’une réunion de crise tenue avec le Président de la République au sujet de l’épidémie d’Ebola signalée à Mungwalu, ce briefing s’est focalisé sur les stratégies de riposte ainsi que sur les réponses déjà mises en œuvre.
« Mais vous savez que cette question est transversale parce qu’elle implique d’autres ministères au-delà du ministère de la Santé. C’est pour cela que, lors de la réunion d’hier, les ministres de la Défense, des Transports, de l’Intérieur, le ministre des Finances et moi-même nous sommes associés afin d’examiner tous les aspects de cette situation », a expliqué le porte-parole du Gouvernement.Il faut rappeler que la République Démocratique du Congo ne dispose pas seulement d’une expertise reconnue dans la gestion de cette épidémie, mais également d’une grande expérience. C’est dans cette optique que le Dr Muyembe a été associé à cet exercice.Différence entre cette souche et les autres formes d’EbolaSelon les experts, la première différence réside dans le fait que cette souche provoque des signes cliniques moins impressionnants que d’autres formes du virus, notamment la souche Zaïre.
Au début, le malade présente un tableau clinique semblable à une infection courante, comme le paludisme ou d’autres maladies infectieuses. Ce n’est que progressivement, parfois tardivement que des hémorragies apparaissent et attirent l’attention. Cette forme est donc moins spectaculaire que le virus Ebola Zaïre.La deuxième différence concerne le taux de létalité, c’est-à-dire le nombre de personnes décédant après infection.« Pour éviter tout risque de contamination parmi les prestataires de santé en contact avec les malades, nous avons déployé des équipes médicales et renforcé les équipements de protection. La priorité reste la protection afin d’empêcher la propagation du virus », a expliqué le Ministre de la Santé.Et d’ajouter : « Pendant même que nous parlons, 14 tonnes d’équipements sont en train d’être déchargées sur le tarmac de l’aéroport de Bunia, notamment grâce à l’UNICEF. Nous avons réagi rapidement ». À ce jour, quatre zones de santé sont touchées en Ituri : Mungwalu, Bunia, Rwampara et Nyakunde.La ville de Butembo est également concernée, tout comme Goma où un cas a déjà été enregistré.Concernant les échantillons analysés dans les laboratoires, notamment à l’INRB, près de 32 cas positifs ont été confirmés.S’agissant des décès, les autorités précisent que les chiffres communiqués concernent des décès supposés liés au virus, plusieurs victimes étant décédées au sein de la communauté avant toute prise en charge médicale.« Nous menons une recherche active dans les communautés afin de déterminer les circonstances des décès signalés dans les familles. Toutes ces informations sont compilées pour identifier les décès probables liés à cette maladie. À ce jour, nous comptons 136 décès probables liés à Ebola », a expliqué le Docteur Muyembe.Quant au nombre de malades, 69 patients sont actuellement pris en charge dans les centres de traitement, tandis qu’environ 543 cas probables sont recensés dans la communauté.
