Le Ministre de la Communication et Médias, également Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a pris part à la Journée internationale de vérification des faits, célébrée chaque 2 avril et à la cérémonie marquant le lancement officiel du « Prix congolais de vérification des faits », une initiative portée par Balobaki Check.
Cette activité s’est déroulée à Silikin Village, à Kinshasa en présence du Président du Journaliste en danger, du Rapporteur adjoint du CSAC et de plusieurs experts en journalisme.
Dirigée par la journaliste Ange Kasongo, la plateforme, en partenariat avec l’Union Européenne, entend structurer et valoriser la pratique du fact-checking en République Démocratique du Congo, dans un contexte où la circulation de fausses informations fragilise de plus en plus l’espace public.
Prenant la parole au nom de l’Union européenne, le Chargé des missions a.i, Fabrice Basile, a insisté sur la nécessité de défendre la vérité à l’ère de la surabondance informationnelle :« Aujourd’hui, l’urgence, c’est la vérité. Jamais l’information n’a été aussi accessible, et paradoxalement, jamais elle n’a été aussi fragile. Si elle n’est pas malmenée par les algorithmes, elle est livrée à toutes formes de déformation ».
Pour lui, la vérification des faits dépasse désormais le cadre technique du journalisme :« Le fact-checking n’est plus seulement une méthode. C’est un rempart pour nos démocraties, pour la cohésion et la stabilité de nos sociétés. Le journaliste vérificateur demeure notre première ligne de défense face aux manipulations et aux théories complotistes ».
À travers ce prix, l’Union Européenne et ses partenaires poursuivent un triple objectif : récompenser l’excellence, encourager l’innovation éditoriale et restaurer la confiance du public envers les médias.
De son côté, le Ministre Patrick Muyaya a salué une initiative qui intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la RDC : « Nous ne faisons pas face uniquement à des rumeurs ou à des approximations. Nous faisons face à de véritables logiques de manipulation, de déstabilisation et de fragmentation de l’opinion ».
Il a rappelé que la désinformation constitue aujourd’hui une menace directe, notamment dans un contexte de guerre hybride : « La désinformation brouille la compréhension des enjeux, pollue le débat public, affaiblit la cohésion nationale et impacte la défense nationale ».
Dans cette perspective, le Ministre a élevé le combat pour les faits au rang de priorité nationale : « Ce combat n’est pas réservé à quelques spécialistes. C’est un combat d’intérêt public. Un combat pour la qualité de la démocratie, pour la responsabilité et pour une citoyenneté plus lucide ».
Il a également mis en avant les réformes engagées par le Gouvernement pour assainir le secteur des médias, soulignant que le fact-checking s’inscrit pleinement dans cette dynamique :
« Il ne s’agit pas simplement de corriger après coup une information erronée. Il s’agit de restaurer une véritable culture de la vérification ».
Pour Ange Kasongo, initiatrice du projet, ce prix constitue une étape décisive dans la professionnalisation du journalisme congolais :« Le Prix congolais de vérification des faits vise à encourager les journalistes et les étudiants à faire de la rigueur, de la méthode et de l’éthique leurs principaux outils de travail. Dans un environnement saturé d’informations, vérifier devient un acte de responsabilité ».
Elle souligne également que cette initiative contribuera à promouvoir une information fiable, essentielle à la consolidation de la paix, à la transparence politique et à la sensibilisation sur des enjeux majeurs, notamment climatiques.
Ouvert aux journalistes professionnels comme aux étudiants en journalisme, le concours distingue trois catégories :
– le Prix du journaliste professionnel ;
– le Prix de l’étudiant en journalisme ;
– le Prix du jury, consacré aux formats innovants.
Les travaux soumis devront porter sur des thématiques clés telles que la paix et la sécurité, la politique et les élections, ou encore le changement climatique. Ils devront avoir été publiés au cours des six derniers mois dans un média congolais.
À travers le lancement de ce prix, Balobaki Check et ses partenaires entendent ainsi institutionnaliser une culture de la vérification, dans un pays où la bataille de l’information est désormais indissociable des enjeux démocratiques et sécuritaires.
