Par Jose 650 Mbulayi.
La question mérite d’être posée : sommes-nous réellement cohérents et sérieux dans nos choix politiques ?
Il est difficile de comprendre pourquoi le président de la République envisagerait, une fois de plus, d’ouvrir un dialogue avec ceux qui ont choisi la voie des armes, au prix du sang du peuple congolais innocent. Si, aujourd’hui, la conquête d’une portion de pouvoir passe par la rébellion, alors quel message envoie-t-on à la classe politique ? Que tout leader ambitieux peut lever une milice, semer la violence, puis s’asseoir à la table des négociations pour être récompensé ?
Dialoguer avec des figures telles que Joseph Kabila ou Corneille Nangaa soulève une question fondamentale : celle de la responsabilité. Pour certains observateurs, une telle démarche pourrait être perçue comme une tentative de réhabilitation politique, voire un blanchiment d’image. Dans un pays où la mémoire collective est souvent fragilisée par l’urgence du quotidien, le risque est grand de voir s’estomper les souffrances endurées par les populations de l’Est, et plus largement par l’ensemble des Congolais.
Avant tout dialogue, la priorité devrait-elle être ailleurs ? Beaucoup estiment qu’un processus de reddition des comptes s’impose. Toute négociation durable devrait s’accompagner d’exigences claires : restitution des biens pillés, reconnaissance des torts causés et engagement ferme en faveur de la paix.
La recherche de la stabilité ne peut se faire au détriment de la justice. Car une paix construite sans responsabilité pourrait n’être qu’une trêve fragile, porteuse des conflits de demain.
Blanchard Dikambi
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